À l’approche de la sortie de son nouvel EP Forteresse, Nuit Noire a eu la gentillesse de répondre à nos questions.

Comment est né forteresse ? Y a-t-il eu un morceau déclencheur qui vous a permis de définir la direction artistique et sonore de ces cinq titres ?
forteresse est un EP que je prépare depuis plus de 4 ans, ce sont mes premières chansons seule dans lesquelles je raconte les différentes peurs qui me traversent. Je suis une personne très peureuse et ce process d’écriture m’a beaucoup aidée à assumer cela dans
ma vie. La découverte de la musique de Klô Pelgag a vraiment bouleversé mon rapport aux chansons : si je dois définir un morceau déclencheur pour l’EP, ça serait la chanson “Samedi
Soir à La Violence”.


Vos chansons abordent la vulnérabilité, les attentes des autres et la difficulté de sedévoiler. Comment transformez-vous ces émotions personnelles en matière musicale, tout en laissant une place à l’interprétation de l’auditeur ?


Au départ quand j’écris les paroles je ne me pose pas trop la question de l’interprétation de ’auditeur et je pars vraiment de mon vécu personnel, souvent c’est quelque chose de presque thérapeutique, qui me permet de verbaliser mes angoisses. Je me suis inventé ce
personnage, nuit noire, un peu magique et qui n’a pas d’époque, pour essayer de donner une deuxième vie à ces chansons, en dehors de mon vécu pour que chacun.e puisse les
interpréter librement.


Votre univers se situe à la croisée de la chanson française et des musiques
électroniques. Comment travaillez-vous l’articulation entre l’écriture, la mélodie et les
textures de votre machine modulaire pour trouver la bonne identité sonore ?

La plupart du temps, je trouve le texte et la mélodie ensemble, puis j’essaie d’imaginer une première maquette qui illustre le texte. Pour la création de cet EP, j’ai travaillé avec Arthur Genest (Hinsberger) et Matis Reynaud en tant que réalisateurs/arrangeurs. Nous nous
sommes servi.e.s d’un instrumentarium restreint avec mon synthé modulaire au centre, mais aussi d’autres synthétiseurs analogiques, des boites à rythmes et enfin des samples
d’horloges et de boite à musique.


Après plusieurs mois de création, comment avez-vous vécu le moment où forteresse est devenu un ensemble de cinq titres aboutis ? Avez-vous dû renoncer à certaines idées ou accepter que les morceaux vous échappent en
partie ?

C’est la première fois que je sors un EP toute seule, j’ai mis énormément de temps à sortir cet EP car j’avais beaucoup de choses à apprendre et j’ai choisi de d’abord présenter mon projet sous l’angle des concerts, pour me laisser ce temps d’apprentissage. Alors ces
chansons ça fait tellement longtemps que je les couve que je suis comme une enfant de les sortir, c’est une immense joie ! J’ai encore du mal à m’imaginer que ces chansons vont “m’échapper” un peu mais je crois que ça génère surtout beaucoup d’enthousiasme de mon
côté, j’ai hâte que ces chansons fassent leur vie.


Vos chansons dévoilent une part très intime de vous-même. À l’approche de la sortie de l’EP, le 6 novembre, ressentez-vous davantage de l’excitation, de l’appréhension ou le besoin de prendre de la distance avec ces morceaux ?

Je ressens beaucoup d’émotion et de fierté, j’ai l’impression que ça me donne beaucoup de force à titre personnel aussi que cet EP sorte et d’être allée au bout de ce process d’accepter mes vulnérabilités.

Vous expliquez vouloir vous affranchir des attentes et assumer vos
imperfections. Qu’aimeriez-vous que les auditeurs retiennent de forteresse ? Souhaitez-vous leur transmettre un message précis ou préférez-vous que chacun construise sa propre histoire à partir de vos chansons ?

Je pense qu’on vit une époque très sombre où c’est très dur de se sentir libre et légitimes d’être tel.les qu’on est, avec notre sensibilités, nos défauts, nos spécificités et que ce qui nous sauvera c’est de rester authentiques. J’espère fort que des gens pourront se construire chacun.e leur propre histoire à partir de ces chansons.

Une fois cet EP partagé avec le public, avez-vous envie de prolonger cet univers ou ressentez-vous déjà le besoin d’explorer de nouveaux territoires sonores et de nouvelles formes d’écriture ?

La suite immédiate de cet EP c’est ma release party le 25 novembre aux Trois Baudets, ça sera la prolongation directe de l’univers de cet EP.

Entre la sortie de l’EP, la release party aux Trois Baudets et les prochaines dates, comment imaginez-vous la prochaine étape de nuit noire ? Y a-t-il une ambition ou une expérience artistique que vous aimeriez particulièrement concrétiser dans les mois à venir ?

Dans le cadre de la release party, nous travaillons sur un nouveau live avec une création lumière et l’arrivée d’éléments de déco sur scène. J’espère fort pouvoir continuer de défendre cette formule en live en 2027, en particulier en festival car j’ai fait mon premier
festival (la fête de l’humanité) en septembre dernier et je rêve de pouvoir en refaire !

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