Adieu Narcisse a dévoilé il y a quelques jours son excellent album Je Nous Ai Promis Un Fiasco. À cette occasion, l’artiste a eu la gentillesse de répondre à nos questions dans le cadre de notre rubrique « Et maintenant ? », pour revenir sur cette nouvelle sortie et évoquer la suite de son parcours musical.
1. À partir d’aujourd’hui, l’album ne vous appartient plus tout à fait et commence à exister à travers l’écoute du public. Comment abordez-vous cette nouvelle étape ?
Avec beaucoup de laisser-aller. Faire un album, c’est comme mettre au monde quelque chose. À partir du moment où il quitte le nid de la création, on doit accepter qu’on n’a plus de contrôle sur rien. C’est un grand vertige accompagné d’une grande euphorie.
2. Une sortie d’album marque souvent la fin d’un long processus créatif. Avez-vous le sentiment de refermer un chapitre ou, au contraire, de commencer une nouvelle période ?
Un peu des deux. C’est un album qui porte beaucoup sur le deuil. J’ai l’impression que le deuil a fait aussi partie de la démarche artistique. Pour moi, un album, c’est aussi comme une photo. C’est un moment bien précis que l’on fige pour toujours. Alors, oui j’ai l’impression de refermer un chapitre dans lequel je baigne depuis presque 3 ans. Ça fait du bien. C’est un moment où je peux me tourner vers la prochaine aventure.
3. À présent que le disque est sorti, comment imaginez-vous sa transition vers la scène ?
La mise en scène a toujours été au coeur d’Adieu Narcisse. J’affectionne beaucoup le théâtre, j’y travaille aussi beaucoup en temps que concepteur sonore. C’est certain que l’album prendra une dimension très intéressante sur scène. Je pense que la trame dramatique de l’album est déjà très riche, il suffit de suivre les émotions pour tout donner dans l’interprétation.
4. Votre approche musicale ayant évolué au fil de cet album, souhaitez-vous également faire évoluer votre manière de vous présenter en concert ?
Personnellement, j’adore me mettre au défi ou en danger. Cette nouvelle approche musicale venait du désir d’aller dans l’inconnu. Nous allons expérimenter avec une formule qui nous permettra de faire des concerts beaucoup plus rock.
5. Si vous pouviez vous projeter quelques mois en avant, à la fin d’un concert consacré à cet album, qu’aimeriez-vous que les personnes présentes retiennent de cette expérience ?
J’aime emmener mon public là où il ne s’attend pas aller. J’aimerais que les gens sortent de la salle en se disant : « mais qu’est-ce que je viens de vivre? ». Je pense que la beauté des arts vivants c’est de pouvoir collectivement vivre une expérience similaire. J’espère pouvoir créer des moments touchants, de rage et d’espoir.
6. Après avoir consacré autant de temps et d’énergie à Je nous ai promis un fiasco, avez-vous besoin d’une période de pause avant de vous replonger dans l’écriture, ou ressentez-vous déjà l’envie de créer à nouveau ?
Dans ma démarche artistique j’aime accompagné mes albums d’un EP « miroir ». Les maquette sont déjà prêtes, nous reste qu’à se retrouver en studio.
7. Comment imaginez-vous la reprise du processus créatif après la sortie de cet album ? Avez-vous besoin de laisser décanter cette expérience ou préférez-vous vous appuyer sur cette dynamique pour explorer rapidement de nouvelles idées ?
Durant toute la période de mix et de mastering de l’album, je me suis permis de continuer d’explorer de nouvelles idées. Pour moi la création, elle arrive sporadiquement. Je me suis donc laissé porter par les choses qui méritaient de sortir de moi dans ces moments-là.
8. Lorsque vous recommencerez à composer, chercherez-vous à prolonger les explorations musicales de Je nous ai promis un fiasco, ou aurez-vous plutôt envie de repartir d’une page blanche et de vous laisser surprendre par de nouvelles directions ?
Je pense que je suis constamment en évolution et en apprentissage. Je vois mes dernières création comme des points de départ, ensuite on voit où la route nous mène. À travers les années, j’ai composé beaucoup de musique pour le théâtre et la danse et je pense que ce sont ces expériences qui nourrissent le plus ma démarche artistique. Je pense que je ne serai jamais capable de faire deux fois la même chose.





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