Rock en Seine, cette magnifique machine où se succèdent les têtes d’affiche comme Nick Cave, Deftones ou encore Djo, est aussi et surtout un formidable terrain de découvertes. Derrière les grands noms qui attirent les foules se cachent une multitude de pépites, d’artistes émergents et de groupes encore méconnus qui pourraient bien faire l’actualité musicale de demain. Cette année encore, nous sommes partis à leur rencontre, avec l’envie de dénicher celles et ceux dont on reparlera bientôt. Car Rock en Seine, c’est aussi ça : découvrir aujourd’hui les artistes qui feront vibrer les scènes de demain.
Jeudi
17h50 – Parsa Sabet
La pluie est déjà tombée sur le domaine de Rock en Seine, mais Parsa Sabet n’en a que faire. Sur scène, l’artiste déploie un univers élégant et envoûtant, nourri de rock, de pop, de R&B et de sonorités moyen-orientales. Casque sur les oreilles, guitare en main, accompagné d’un second guitariste, il construit une musique riche dans un décor pourtant minimaliste. Rapidement, le public est conquis par cette énergie communicative et cette musique singulière.









18h45 – Wednesday
Il pleut encore. À peine arrivé devant la scène AXS, les chaussures s’enfoncent déjà dans une boue devenue presque liquide. Le public est trempé, certains cherchent encore un abri. Puis Wednesday monte sur scène. Quelques morceaux suffisent pour comprendre que la pluie ne va pas gâcher la fête. Bien au contraire. Les guitares country et les déflagrations indie rock de la bande de Caroline du Nord commencent à faire bouger la foule. Karly Hartzman, guitare en main, chante comme si l’orage n’existait pas. La pluie redouble. Les musiciens protègent leurs pédales avec des sacs plastiques et continuent. Devant eux, le public, lui, a définitivement renoncé à rester propre. Les premiers pogos éclatent, la boue vole, les sourires aussi. Plus le ciel se déchaîne, plus Wednesday semble gagner en puissance. À ce moment-là, il n’y a plus vraiment de séparation entre la scène et la fosse. Il pleut, on est couvert de boue, mais personne ne semble vouloir partir. Les dernières minutes sont sauvages, généreuses, presque libératrices. On était venu à Rock en Seine pour découvrir des artistes. Sous cette pluie battante, Wednesday nous offre mieux qu’un simple concert : un souvenir de festival.








Vendredi
15h40 – Billie
La journée commence doucement à Rock en Seine. Sur scène, Billie est loin d’être seule : parfaitement entourée, elle trouve avec ses musiciens une vraie alchimie. Chacun semble avoir sa place, et l’ensemble dégage une atmosphère à la fois élégante, sensible et envoûtante. Entre pop, rock et accents new wave, Billie impose progressivement son univers. Sa voix se mêle aux arrangements du groupe, qui l’accompagne avec finesse sans jamais prendre le dessus. Il y a une véritable osmose sur scène, une complicité qui se ressent jusque dans le public. À quelques mètres de la scène, les festivaliers se laissent doucement happer par cette bulle musicale. Pas besoin d’artifices : Billie et son groupe installent leur ambiance, captent l’attention et transforment ce début d’après-midi en une jolie parenthèse. Une découverte qui donne envie de garder un œil sur la suite.






16h20 – Gabriel Kröger
Sur la scène Roc-On Volkswagen, Gabriel Kröger apparaît masqué, le visage entièrement dissimulé derrière sa cagoule. Pourtant, difficile de faire plus frontal. Derrière ce visage caché, l’artiste se livre sans filtre, entre folk, spoken word, spleen et éclats de punk. La musique monte, les mots frappent, les émotions débordent. Kröger avance sans chercher à séduire, laissant ses morceaux-confessions faire le travail. La cagoule devient alors presque secondaire : plus il dissimule son visage, plus il semble se mettre à nu. Dans la fosse, l’intensité monte progressivement. Les montées en puissance galvanisent le public et donnent au concert une dimension presque cathartique. Un moment brut, sincère et d’une rare intensité, qui confirme que les plus belles découvertes de Rock en Seine se trouvent parfois sur les scènes que l’on rejoint sans vraiment savoir ce qui nous attend.








17h05 – Sarāb
Sur la scène AXS, Sarāb ouvre une parenthèse hors du temps. Dès les premières notes, la voix de Climène Zarkan nous emmène ailleurs. Autour d’elle, les musiciens construisent un son dense et hypnotique, quelque part entre jazz, rock et musiques orientales. La guitare de Baptiste Ferrandis dialogue avec les claviers, la basse et la batterie, donnant au morceau une énergie presque organique. Le groupe avance comme un seul corps, capable de passer de la délicatesse à des envolées beaucoup plus électriques. Dans la fosse, les regards se tournent vers la scène. On écoute, on se laisse surprendre par ces sonorités qui échappent aux cases. Sarāb porte finalement bien son nom « mirage » en arabe : un concert fascinant, mouvant et sensoriel, dont on ressort avec l’impression d’avoir voyagé sans avoir quitté Saint-Cloud.







18h00 – Tyler Ballgame
Sur la scène Roc-On Volkswagen, Tyler Ballgame nous offre l’un des moments les plus forts de cette journée. Dès les premières notes, quelque chose se passe. Sa voix, les mélodies et cette manière presque viscérale d’habiter chaque morceau installent une atmosphère particulière, difficile à expliquer mais impossible à ignorer. Le concert monte progressivement en intensité. Tyler Ballgame se donne entièrement, porté par une émotion qui traverse la scène et gagne rapidement le public. On ne regarde plus simplement un concert : on vit véritablement le moment avec lui. Chaque chanson semble prendre une nouvelle dimension, comme si tout pouvait basculer à chaque instant. Dans la foule, les regards restent fixés sur la scène. Pendant quelques minutes, le festival semble disparaître autour de nous. Un moment unique, d’une grande intensité, qui restera sans doute comme l’une des belles surprises de cette édition de Rock en Seine.









20h10 – La Flemme
On avait déjà croisé La Flemme au Pop Up du Label, mais les retrouver à Rock en Seine permet de mesurer toute l’ampleur de leur énergie. Sur scène, le groupe ne triche pas : tout est intense, spontané et généreux. Les morceaux s’enchaînent avec une énergie presque électrique. Ça joue fort, ça bouge, ça transpire, et surtout, ça partage. La Flemme donne sans compter, avec cette envie de faire du public une véritable partie du concert. Dans la fosse, l’énergie circule immédiatement et le groupe semble la renvoyer décuplée. Un moment intense et profondément généreux, qui confirme une nouvelle fois que La Flemme fait partie de ces groupes qu’il faut voir en live pour prendre toute la mesure de leur puissance.










Samedi
16h20 – Maddy Street
Le lendemain, Rock en Seine reprend doucement son rythme et, sur scène, Maddy Street est loin de faire dans la demi-mesure. Dès les premières secondes, l’artiste impose une présence scénique impressionnante. Ça bouge, ça saute, ça danse, et surtout, ça donne immédiatement envie de participer. Maddy Street navigue entre rap, pop, électro et sonorités plus rock, sans jamais se laisser enfermer dans un genre. Les morceaux s’enchaînent avec une énergie débordante, portés par une interprétation particulièrement généreuse. Il y a quelque chose de très spontané dans cette performance : l’artiste semble totalement libre sur scène et cette liberté finit forcément par gagner le public. Au fil du concert, la foule se rapproche, répond aux sollicitations et se laisse embarquer. Maddy Street ne se contente pas de jouer ses morceaux : iel crée une véritable interaction avec celles et ceux venus assister au concert. Chaque montée d’énergie est accueillie par le public, jusqu’à transformer la scène en véritable espace de partage. Une performance pleine de vie, de générosité et de caractère, qui confirme une nouvelle fois que les belles découvertes de Rock en Seine sont aussi celles qui parviennent à créer, en quelques minutes, une véritable connexion avec le public.








17h00 – Mottomoda
Il y a des concerts que l’on vient voir par curiosité et dont on ressort avec la certitude d’avoir découvert quelque chose. Mottomoda fait clairement partie de ceux-là. Dès les premières minutes, le groupe impose un univers atypique, difficile à définir mais terriblement facile à adopter. Sur scène, l’énergie est partout et se transmet instantanément au public. Mottomoda ne cherche pas à rentrer dans une case. Le groupe joue avec les codes, mélange les influences et construit un son qui lui ressemble, à la fois surprenant, libre et profondément vivant. Mais c’est surtout sur scène que cette singularité prend tout son sens. Les musiciens se donnent sans retenue, avec une générosité qui rend chaque morceau plus intense. On sent une vraie envie de partager, de faire vivre quelque chose au public plutôt que de simplement enchaîner les chansons. Très vite, les spectateurs se laissent gagner par cette énergie communicative. Les sourires se multiplient, les corps bougent et l’ambiance monte naturellement, sans jamais avoir besoin d’être forcée. Il y a quelque chose de profondément rafraîchissant dans cette manière de jouer : Mottomoda apporte une véritable bouffée d’air au milieu de la journée. On quitte la scène avec cette sensation assez rare d’avoir assisté à un concert qui fait simplement du bien. Mottomoda est encore une découverte aujourd’hui, mais avec une telle personnalité, une telle énergie et une telle générosité, difficile de ne pas imaginer le groupe devenir, dans les prochaines années, l’un de ces noms incontournables que l’on sera heureux d’avoir découvert avant tout le monde.












17h50 – Dynamite Shaker
Le soleil est enfin bien installé sur Rock en Seine. Le public profite de cette belle fin d’après-midi, les sourires sont partout et l’ambiance est légère. Face à nous, Dynamite Shaker monte sur scène. Et en quelques secondes, le calme relatif de l’après-midi laisse place à une véritable décharge d’énergie. Le groupe joue avec une envie communicative. Les guitares claquent, la batterie pousse, les morceaux s’enchaînent sans laisser beaucoup de répit. On sent immédiatement cette urgence propre aux groupes qui ont encore quelque chose à prouver, mais Dynamite Shaker possède déjà l’assurance de ceux qui savent qu’ils sont à leur place. La scène devient rapidement leur terrain de jeu. Dans le public, on profite, on danse, on se rapproche de la scène. Il y a cette sensation agréable d’assister à un moment important dans l’histoire d’un groupe. Car derrière l’énergie et les refrains qui restent en tête, Dynamite Shaker dégage surtout un potentiel énorme. Leur rock est immédiat, vivant, généreux, et semble taillé pour prendre de plus en plus d’ampleur. Ce qui frappe, c’est justement cette impression de voir un groupe en train de monter, sous un soleil qui accompagne parfaitement le moment. Le public répond présent et l’atmosphère devient de plus en plus électrique au fil du concert. Dynamite Shaker fait aujourd’hui partie des belles promesses du rock français. Et à voir l’énergie déployée sur scène et la réaction du public, leur ascension paraît largement méritée. On se dit surtout qu’il faudra se souvenir de ce concert lorsque le groupe aura, demain, pris une tout autre dimension.










18h50 – Man/Woman/Chainsaw
On arrive devant la scène Roc-On Volkswagen avec cette curiosité propre aux concerts que l’on ne veut surtout pas manquer. Man/Woman/Chainsaw commence et, très vite, on comprend que l’on va avoir du mal à rester simplement spectateur. Les premières minutes sont presque déroutantes. Une guitare, quelques voix, puis le violon vient se mêler à l’ensemble avant qu’une véritable déflagration ne traverse la scène. Le groupe londonien joue avec les contrastes et nous fait passer d’un moment suspendu à une explosion sonore sans prévenir. On regarde les six musiciens essayer, expérimenter, se répondre. Tout semble constamment en mouvement. Il y a quelque chose de spontané dans leur manière de jouer, comme si chaque morceau pouvait prendre une direction différente à tout moment. Et pourtant, rien ne paraît vraiment désordonné. Derrière cette impression de chaos, on découvre surtout une incroyable maîtrise. Dans le public, les réactions arrivent progressivement. On commence par observer, intrigué par ce mélange assez improbable de guitares saturées, de piano, de violon et de voix qui se croisent. Puis les corps commencent à bouger. Les morceaux gagnent en puissance et nous embarquent complètement. À plusieurs reprises, je me surprends à ne plus penser à prendre des notes, simplement à profiter du concert. C’est finalement ça qui marque le plus. Man/Woman/Chainsaw ne cherche pas à nous impressionner à tout prix. Le groupe nous invite simplement dans son univers, avec une musique libre, imprévisible et terriblement vivante. Quand le concert se termine, on reste avec cette sensation d’avoir découvert quelque chose. Une de ces formations que l’on voit encore sur une scène de festival à taille humaine et dont on imagine déjà les prochaines étapes. À Rock en Seine, Man/Woman/Chainsaw confirme qu’il faudra suivre leur ascension de très près.










20h50 – Grandma’s Ashes
La nuit commence à tomber sur Rock en Seine et, devant la scène Roc-On Volkswagen, le public est prêt à prendre une nouvelle dose de rock. Quand Grandma’s Ashes arrive, le ton est immédiatement donné. Le son est lourd, puissant, et les premières notes nous prennent directement aux tripes. Le trio parisien ne cherche pas à faire dans la retenue. Les guitares grondent, la basse enveloppe la scène et la batterie frappe avec une précision redoutable. Leur musique mélange stoner, grunge, rock gothique et influences plus progressives, mais ce soir, c’est surtout l’intensité qui domine. Très vite, je me retrouve happé par leur univers. Les morceaux prennent le temps de s’installer avant de monter progressivement en puissance. Puis tout explose. Le son devient massif, presque physique, et la scène semble soudain trop petite pour contenir toute cette énergie. Dans la fosse, le public répond présent. Les têtes bougent, les corps se rapprochent et l’ambiance devient de plus en plus électrique. Il y a quelque chose de très instinctif dans ce concert : on ne cherche pas forcément à comprendre, on ressent. Grandma’s Ashes joue avec une intensité qui rend chaque morceau vivant et nous pousse à rester concentrés sur la scène. Ce qui fonctionne particulièrement bien, c’est cette capacité à alterner puissance et moments plus suspendus. Le trio nous laisse respirer avant de repartir de plus belle, comme une succession de vagues qui nous emportent toujours un peu plus loin. À la fin du concert, on ressort avec cette impression d’avoir pris une véritable claque. Grandma’s Ashes confirme surtout que le rock français possède encore une énergie brute, capable de faire vibrer un festival entier.



Dimanche
14h20 – Arthur Fu Bandini
Dernière journée de Rock en Seine. Le festival commence doucement, mais il suffit de quelques minutes devant la scène AXS pour que la journée prenne une toute autre tournure. Arthur Fu Bandini arrive sur scène et, très vite, on comprend que l’on assiste à quelque chose d’assez particulier. Difficile de rester indifférent face à cette énergie. Arthur Fu Bandini navigue entre rock, chanson, électro et spoken word, avec une liberté qui fait immédiatement mouche. Mais au-delà du style, c’est surtout sa présence qui bluffe. Il occupe la scène avec une assurance communicative, joue avec le public et semble prendre autant de plaisir que nous à être là. Autour de nous, les sourires apparaissent rapidement. On était peut-être venu simplement découvrir un artiste programmé en début d’après-midi, et nous voilà finalement complètement embarqués. Les morceaux s’enchaînent, l’énergie monte et Arthur Fu Bandini réussit quelque chose de précieux : rendre ce moment à la fois surprenant, généreux et franchement enthousiasmant. Il y a dans ce concert une vraie sensation de découverte. Celle de tomber sur un artiste que l’on ne connaissait pas forcément et de ressortir en se disant qu’il faudra absolument le revoir. Arthur Fu Bandini est l’une des vraies belles surprises de cette édition de Rock en Seine. Un concert bluffant, porté par un style singulier et une énergie communicative, qui donne parfaitement le ton pour cette dernière journée de festival.









15h00 – Küdeta
Le soleil accompagne cette dernière journée de Rock en Seine et, devant la scène Roc-On Volkswagen, Küdeta arrive avec une énergie qui ne laisse rapidement plus beaucoup de monde indifférent. Dès les premières notes, le groupe nous embarque dans son univers pop-funk, teinté de rock et d’électro. Sur scène, les cinq musiciens débordent d’enthousiasme. Ça joue, ça sourit, ça bouge, et cette générosité se transmet immédiatement au public. Küdeta ne se contente pas d’enchaîner les morceaux : le groupe partage véritablement son plaisir d’être là. On sent une envie sincère de faire de ce concert un moment collectif. Très vite, les festivaliers se laissent prendre au jeu. Les corps commencent à bouger, les sourires apparaissent et l’ambiance devient de plus en plus chaleureuse. Il y a quelque chose de particulièrement rafraîchissant dans cette prestation : une énergie simple, communicative, qui fait du bien en cette dernière journée de festival. Küdeta possède déjà cette capacité à créer une connexion avec le public, sans artifice et avec une vraie générosité. Leur enthousiasme est communicatif et donne à ce concert une dimension particulièrement attachante. On repart de la scène avec le sourire et cette agréable sensation d’avoir découvert un groupe plein de vie. Küdeta marque cette dernière journée par son énergie et sa générosité : exactement le genre de concert qui fait du bien à Rock en Seine.






15h45 – Love Spells
La dernière journée de Rock en Seine continue et, devant la scène AXS, Love Spells va rapidement nous offrir l’un des moments les plus marquants du festival. Dès les premières minutes, l’énergie est incroyable. Il y a quelque chose de totalement décomplexé dans cette performance, une envie de tout donner et surtout de partager chaque seconde avec le public. Love Spells ne reste jamais en place. Il court, danse, joue avec la foule et transforme progressivement la scène en véritable terrain de jeu. À un moment, il enchaîne même plusieurs grands écarts, toujours tourné vers le public, comme s’il cherchait à repousser encore un peu les limites de la performance. La scène devient alors un espace de liberté totale, où chaque geste participe à l’énergie du concert. Mais derrière cette débauche d’énergie, c’est surtout le don de soi qui impressionne. Love Spells se livre entièrement, sans jamais donner l’impression de calculer ses mouvements. Le public le lui rend bien : les sourires se multiplient, les réactions sont immédiates et une véritable connexion s’installe entre la scène et la fosse. On ne regarde plus simplement un concert, on assiste à une véritable performance. C’est probablement l’un des moments où l’on ressent le plus cette capacité qu’a Rock en Seine à nous faire découvrir des artistes encore en pleine construction, mais déjà capables de proposer quelque chose de fort. Love Spells est clairement l’une des grandes révélations de cette édition. Une performance scénique impressionnante, une énergie folle et un véritable don de soi : tout laisse penser que cet artiste est encore au début d’une belle ascension.















16h30 – Île de Garde
Île de Garde arrive sur la scène Roc-On Volkswagen avec une énergie qui accroche immédiatement. Dès les premières notes, les trois Bretonnes imposent leur univers et des textes qui frappent juste. Les mots claquent, interpellent et donnent rapidement une vraie personnalité au concert. Mais ce qui marque aussi, c’est la belle osmose entre les membres du groupe. Les trois musiciennes semblent parfaitement connectées, se répondent du regard et avancent ensemble avec une vraie complicité. Cette cohésion donne une force supplémentaire à leur prestation et rend l’ensemble particulièrement vivant. Le public, lui, est immédiatement réceptif. On écoute, on bouge, on se laisse progressivement embarquer par cette musique à la fois sombre, directe et énergique. Il y a une véritable connexion qui s’installe entre la scène et la fosse, sans jamais avoir besoin d’être forcée. Île de Garde se donne pleinement et défend ses textes avec conviction. Leur prestation possède quelque chose de très sincère : chaque morceau semble porté par une vraie envie de partager et de faire passer un message. Une très belle prestation pour les Bretonnes, qui nous auront marqué par leur énergie, leurs textes percutants et cette belle complicité sur scène. Un concert qui confirme surtout qu’Île de Garde est un groupe à suivre de très près.









17H25 – Hanna Von hAUSSWOLFF
Hanna von Hausswolff prend possession de la scène AXS dès les premières secondes. Elle alterne entre le fond et l’avant de la scène, se déplace, revient, avance à nouveau, sans jamais donner l’impression de chercher la lumière pour elle-même. Chaque mouvement semble au contraire pensé pour servir un ensemble, une vision musicale qui dépasse la simple performance. Artiste plurielle, Hanna von Hausswolff construit un univers puissant et singulier, où sa voix se mêle aux claviers, aux guitares et aux longues envolées instrumentales. Sur scène, tout paraît avoir sa place. Les différentes couches sonores s’additionnent progressivement, jusqu’à créer une véritable tension qui finit par nous emporter. Ce qui frappe surtout, c’est cette cohérence dans le projet musical. Rien ne semble gratuit : les déplacements, les silences, les montées en puissance et les explosions sonores participent tous à la même intention. Hanna von Hausswolff ne cherche pas simplement à occuper la scène, elle construit un véritable espace musical dans lequel le public peut entrer. Et nous y entrons complètement. Le public est réceptif, attentif, happé par cette proposition aussi exigeante qu’envoûtante. Pendant quelques instants, le festival semble disparaître autour de nous. Un concert tout simplement bluffant, porté par une artiste plurielle qui a véritablement pris possession de la scène. Une des très belles prestations de Rock en Seine, aussi impressionnante par sa puissance que par la cohérence de son projet musical.









18h30 – Hudson Freeman
The Cure est en approche, mais avant de rejoindre la Grande Scène, une belle étape folk nous attend avec Hudson Freeman. Pour sa première date en France, l’artiste américain offre un moment d’une grande sobriété, loin des artifices et de l’agitation du festival. Seul avec sa guitare et sa voix, Hudson Freeman installe rapidement une atmosphère intime. Les morceaux prennent leur temps, les mélodies respirent et chaque note semble trouver naturellement sa place. Il y a quelque chose de particulièrement sincère dans cette prestation, une simplicité qui permet aux chansons de s’exprimer pleinement. Face à lui, le public se montre attentif et réceptif. On écoute, on se laisse porter et, pendant quelques minutes, le tumulte de Rock en Seine semble s’éloigner. Hudson Freeman n’a pas besoin d’en faire trop : sa voix, ses compositions et cette manière d’habiter chaque morceau suffisent largement. Une véritable leçon de folk, portée par une interprétation tout en finesse et une belle présence scénique. Pour cette première rencontre avec le public français, Hudson Freeman réussit parfaitement son entrée en scène. Un moment simple, élégant et profondément musical. Une très belle découverte dont on redemande déjà.












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