Rock en Seine, cette magnifique machine oĂč se succĂšdent les tĂȘtes d’affiche comme Nick Cave, Deftones ou encore Djo, est aussi et surtout un formidable terrain de dĂ©couvertes. DerriĂšre les grands noms qui attirent les foules se cachent une multitude de pĂ©pites, d’artistes Ă©mergents et de groupes encore mĂ©connus qui pourraient bien faire l’actualitĂ© musicale de demain. Cette annĂ©e encore, nous sommes partis Ă  leur rencontre, avec l’envie de dĂ©nicher celles et ceux dont on reparlera bientĂŽt. Car Rock en Seine, c’est aussi ça : dĂ©couvrir aujourd’hui les artistes qui feront vibrer les scĂšnes de demain.

Jeudi

17h50 – Parsa Sabet

La pluie est dĂ©jĂ  tombĂ©e sur le domaine de Rock en Seine, mais Parsa Sabet n’en a que faire. Sur scĂšne, l’artiste dĂ©ploie un univers Ă©lĂ©gant et envoĂ»tant, nourri de rock, de pop, de R&B et de sonoritĂ©s moyen-orientales. Casque sur les oreilles, guitare en main, accompagnĂ© d’un second guitariste, il construit une musique riche dans un dĂ©cor pourtant minimaliste. Rapidement, le public est conquis par cette Ă©nergie communicative et cette musique singuliĂšre.

18h45 – Wednesday

Il pleut encore. À peine arrivĂ© devant la scĂšne AXS, les chaussures s’enfoncent dĂ©jĂ  dans une boue devenue presque liquide. Le public est trempĂ©, certains cherchent encore un abri. Puis Wednesday monte sur scĂšne. Quelques morceaux suffisent pour comprendre que la pluie ne va pas gĂącher la fĂȘte. Bien au contraire. Les guitares country et les dĂ©flagrations indie rock de la bande de Caroline du Nord commencent Ă  faire bouger la foule. Karly Hartzman, guitare en main, chante comme si l’orage n’existait pas. La pluie redouble. Les musiciens protĂšgent leurs pĂ©dales avec des sacs plastiques et continuent. Devant eux, le public, lui, a dĂ©finitivement renoncĂ© Ă  rester propre. Les premiers pogos Ă©clatent, la boue vole, les sourires aussi. Plus le ciel se dĂ©chaĂźne, plus Wednesday semble gagner en puissance. À ce moment-lĂ , il n’y a plus vraiment de sĂ©paration entre la scĂšne et la fosse. Il pleut, on est couvert de boue, mais personne ne semble vouloir partir. Les derniĂšres minutes sont sauvages, gĂ©nĂ©reuses, presque libĂ©ratrices. On Ă©tait venu Ă  Rock en Seine pour dĂ©couvrir des artistes. Sous cette pluie battante, Wednesday nous offre mieux qu’un simple concert : un souvenir de festival.

Vendredi  

15h40 – Billie

La journĂ©e commence doucement Ă  Rock en Seine. Sur scĂšne, Billie est loin d’ĂȘtre seule : parfaitement entourĂ©e, elle trouve avec ses musiciens une vraie alchimie. Chacun semble avoir sa place, et l’ensemble dĂ©gage une atmosphĂšre Ă  la fois Ă©lĂ©gante, sensible et envoĂ»tante. Entre pop, rock et accents new wave, Billie impose progressivement son univers. Sa voix se mĂȘle aux arrangements du groupe, qui l’accompagne avec finesse sans jamais prendre le dessus. Il y a une vĂ©ritable osmose sur scĂšne, une complicitĂ© qui se ressent jusque dans le public. À quelques mĂštres de la scĂšne, les festivaliers se laissent doucement happer par cette bulle musicale. Pas besoin d’artifices : Billie et son groupe installent leur ambiance, captent l’attention et transforment ce dĂ©but d’aprĂšs-midi en une jolie parenthĂšse. Une dĂ©couverte qui donne envie de garder un Ɠil sur la suite.

16h20 – Gabriel Kröger

Sur la scĂšne Roc-On Volkswagen, Gabriel Kröger apparaĂźt masquĂ©, le visage entiĂšrement dissimulĂ© derriĂšre sa cagoule. Pourtant, difficile de faire plus frontal. DerriĂšre ce visage cachĂ©, l’artiste se livre sans filtre, entre folk, spoken word, spleen et Ă©clats de punk. La musique monte, les mots frappent, les Ă©motions dĂ©bordent. Kröger avance sans chercher Ă  sĂ©duire, laissant ses morceaux-confessions faire le travail. La cagoule devient alors presque secondaire : plus il dissimule son visage, plus il semble se mettre Ă  nu. Dans la fosse, l’intensitĂ© monte progressivement. Les montĂ©es en puissance galvanisent le public et donnent au concert une dimension presque cathartique. Un moment brut, sincĂšre et d’une rare intensitĂ©, qui confirme que les plus belles dĂ©couvertes de Rock en Seine se trouvent parfois sur les scĂšnes que l’on rejoint sans vraiment savoir ce qui nous attend.

17h05 – Sarāb

Sur la scĂšne AXS, Sarāb ouvre une parenthĂšse hors du temps. DĂšs les premiĂšres notes, la voix de ClimĂšne Zarkan nous emmĂšne ailleurs. Autour d’elle, les musiciens construisent un son dense et hypnotique, quelque part entre jazz, rock et musiques orientales. La guitare de Baptiste Ferrandis dialogue avec les claviers, la basse et la batterie, donnant au morceau une Ă©nergie presque organique. Le groupe avance comme un seul corps, capable de passer de la dĂ©licatesse Ă  des envolĂ©es beaucoup plus Ă©lectriques. Dans la fosse, les regards se tournent vers la scĂšne. On Ă©coute, on se laisse surprendre par ces sonoritĂ©s qui Ă©chappent aux cases. Sarāb porte finalement bien son nom  « mirage » en arabe : un concert fascinant, mouvant et sensoriel, dont on ressort avec l’impression d’avoir voyagĂ© sans avoir quittĂ© Saint-Cloud.

18h00 – Tyler Ballgame

Sur la scĂšne Roc-On Volkswagen, Tyler Ballgame nous offre l’un des moments les plus forts de cette journĂ©e. DĂšs les premiĂšres notes, quelque chose se passe. Sa voix, les mĂ©lodies et cette maniĂšre presque viscĂ©rale d’habiter chaque morceau installent une atmosphĂšre particuliĂšre, difficile Ă  expliquer mais impossible Ă  ignorer. Le concert monte progressivement en intensitĂ©. Tyler Ballgame se donne entiĂšrement, portĂ© par une Ă©motion qui traverse la scĂšne et gagne rapidement le public. On ne regarde plus simplement un concert : on vit vĂ©ritablement le moment avec lui. Chaque chanson semble prendre une nouvelle dimension, comme si tout pouvait basculer Ă  chaque instant. Dans la foule, les regards restent fixĂ©s sur la scĂšne. Pendant quelques minutes, le festival semble disparaĂźtre autour de nous. Un moment unique, d’une grande intensitĂ©, qui restera sans doute comme l’une des belles surprises de cette Ă©dition de Rock en Seine.

20h10 – La Flemme

On avait dĂ©jĂ  croisĂ© La Flemme au Pop Up du Label, mais les retrouver Ă  Rock en Seine permet de mesurer toute l’ampleur de leur Ă©nergie. Sur scĂšne, le groupe ne triche pas : tout est intense, spontanĂ© et gĂ©nĂ©reux. Les morceaux s’enchaĂźnent avec une Ă©nergie presque Ă©lectrique. Ça joue fort, ça bouge, ça transpire, et surtout, ça partage. La Flemme donne sans compter, avec cette envie de faire du public une vĂ©ritable partie du concert. Dans la fosse, l’énergie circule immĂ©diatement et le groupe semble la renvoyer dĂ©cuplĂ©e. Un moment intense et profondĂ©ment gĂ©nĂ©reux, qui confirme une nouvelle fois que La Flemme fait partie de ces groupes qu’il faut voir en live pour prendre toute la mesure de leur puissance.

Samedi

16h20 – Maddy Street

Le lendemain, Rock en Seine reprend doucement son rythme et, sur scĂšne, Maddy Street est loin de faire dans la demi-mesure. DĂšs les premiĂšres secondes, l’artiste impose une prĂ©sence scĂ©nique impressionnante. Ça bouge, ça saute, ça danse, et surtout, ça donne immĂ©diatement envie de participer. Maddy Street navigue entre rap, pop, Ă©lectro et sonoritĂ©s plus rock, sans jamais se laisser enfermer dans un genre. Les morceaux s’enchaĂźnent avec une Ă©nergie dĂ©bordante, portĂ©s par une interprĂ©tation particuliĂšrement gĂ©nĂ©reuse. Il y a quelque chose de trĂšs spontanĂ© dans cette performance : l’artiste semble totalement libre sur scĂšne et cette libertĂ© finit forcĂ©ment par gagner le public. Au fil du concert, la foule se rapproche, rĂ©pond aux sollicitations et se laisse embarquer. Maddy Street ne se contente pas de jouer ses morceaux : iel crĂ©e une vĂ©ritable interaction avec celles et ceux venus assister au concert. Chaque montĂ©e d’énergie est accueillie par le public, jusqu’à transformer la scĂšne en vĂ©ritable espace de partage. Une performance pleine de vie, de gĂ©nĂ©rositĂ© et de caractĂšre, qui confirme une nouvelle fois que les belles dĂ©couvertes de Rock en Seine sont aussi celles qui parviennent Ă  crĂ©er, en quelques minutes, une vĂ©ritable connexion avec le public.

17h00 – Mottomoda

Il y a des concerts que l’on vient voir par curiositĂ© et dont on ressort avec la certitude d’avoir dĂ©couvert quelque chose. Mottomoda fait clairement partie de ceux-lĂ . DĂšs les premiĂšres minutes, le groupe impose un univers atypique, difficile Ă  dĂ©finir mais terriblement facile Ă  adopter. Sur scĂšne, l’énergie est partout et se transmet instantanĂ©ment au public. Mottomoda ne cherche pas Ă  rentrer dans une case. Le groupe joue avec les codes, mĂ©lange les influences et construit un son qui lui ressemble, Ă  la fois surprenant, libre et profondĂ©ment vivant. Mais c’est surtout sur scĂšne que cette singularitĂ© prend tout son sens. Les musiciens se donnent sans retenue, avec une gĂ©nĂ©rositĂ© qui rend chaque morceau plus intense. On sent une vraie envie de partager, de faire vivre quelque chose au public plutĂŽt que de simplement enchaĂźner les chansons. TrĂšs vite, les spectateurs se laissent gagner par cette Ă©nergie communicative. Les sourires se multiplient, les corps bougent et l’ambiance monte naturellement, sans jamais avoir besoin d’ĂȘtre forcĂ©e. Il y a quelque chose de profondĂ©ment rafraĂźchissant dans cette maniĂšre de jouer : Mottomoda apporte une vĂ©ritable bouffĂ©e d’air au milieu de la journĂ©e. On quitte la scĂšne avec cette sensation assez rare d’avoir assistĂ© Ă  un concert qui fait simplement du bien. Mottomoda est encore une dĂ©couverte aujourd’hui, mais avec une telle personnalitĂ©, une telle Ă©nergie et une telle gĂ©nĂ©rositĂ©, difficile de ne pas imaginer le groupe devenir, dans les prochaines annĂ©es, l’un de ces noms incontournables que l’on sera heureux d’avoir dĂ©couvert avant tout le monde.

17h50 – Dynamite Shaker

Le soleil est enfin bien installĂ© sur Rock en Seine. Le public profite de cette belle fin d’aprĂšs-midi, les sourires sont partout et l’ambiance est lĂ©gĂšre. Face Ă  nous, Dynamite Shaker monte sur scĂšne. Et en quelques secondes, le calme relatif de l’aprĂšs-midi laisse place Ă  une vĂ©ritable dĂ©charge d’énergie. Le groupe joue avec une envie communicative. Les guitares claquent, la batterie pousse, les morceaux s’enchaĂźnent sans laisser beaucoup de rĂ©pit. On sent immĂ©diatement cette urgence propre aux groupes qui ont encore quelque chose Ă  prouver, mais Dynamite Shaker possĂšde dĂ©jĂ  l’assurance de ceux qui savent qu’ils sont Ă  leur place. La scĂšne devient rapidement leur terrain de jeu. Dans le public, on profite, on danse, on se rapproche de la scĂšne. Il y a cette sensation agrĂ©able d’assister Ă  un moment important dans l’histoire d’un groupe. Car derriĂšre l’énergie et les refrains qui restent en tĂȘte, Dynamite Shaker dĂ©gage surtout un potentiel Ă©norme. Leur rock est immĂ©diat, vivant, gĂ©nĂ©reux, et semble taillĂ© pour prendre de plus en plus d’ampleur. Ce qui frappe, c’est justement cette impression de voir un groupe en train de monter, sous un soleil qui accompagne parfaitement le moment. Le public rĂ©pond prĂ©sent et l’atmosphĂšre devient de plus en plus Ă©lectrique au fil du concert. Dynamite Shaker fait aujourd’hui partie des belles promesses du rock français. Et Ă  voir l’énergie dĂ©ployĂ©e sur scĂšne et la rĂ©action du public, leur ascension paraĂźt largement mĂ©ritĂ©e. On se dit surtout qu’il faudra se souvenir de ce concert lorsque le groupe aura, demain, pris une tout autre dimension.

18h50 – Man/Woman/Chainsaw

On arrive devant la scĂšne Roc-On Volkswagen avec cette curiositĂ© propre aux concerts que l’on ne veut surtout pas manquer. Man/Woman/Chainsaw commence et, trĂšs vite, on comprend que l’on va avoir du mal Ă  rester simplement spectateur. Les premiĂšres minutes sont presque dĂ©routantes. Une guitare, quelques voix, puis le violon vient se mĂȘler Ă  l’ensemble avant qu’une vĂ©ritable dĂ©flagration ne traverse la scĂšne. Le groupe londonien joue avec les contrastes et nous fait passer d’un moment suspendu Ă  une explosion sonore sans prĂ©venir. On regarde les six musiciens essayer, expĂ©rimenter, se rĂ©pondre. Tout semble constamment en mouvement. Il y a quelque chose de spontanĂ© dans leur maniĂšre de jouer, comme si chaque morceau pouvait prendre une direction diffĂ©rente Ă  tout moment. Et pourtant, rien ne paraĂźt vraiment dĂ©sordonnĂ©. DerriĂšre cette impression de chaos, on dĂ©couvre surtout une incroyable maĂźtrise. Dans le public, les rĂ©actions arrivent progressivement. On commence par observer, intriguĂ© par ce mĂ©lange assez improbable de guitares saturĂ©es, de piano, de violon et de voix qui se croisent. Puis les corps commencent Ă  bouger. Les morceaux gagnent en puissance et nous embarquent complĂštement. À plusieurs reprises, je me surprends Ă  ne plus penser Ă  prendre des notes, simplement Ă  profiter du concert. C’est finalement ça qui marque le plus. Man/Woman/Chainsaw ne cherche pas Ă  nous impressionner Ă  tout prix. Le groupe nous invite simplement dans son univers, avec une musique libre, imprĂ©visible et terriblement vivante. Quand le concert se termine, on reste avec cette sensation d’avoir dĂ©couvert quelque chose. Une de ces formations que l’on voit encore sur une scĂšne de festival Ă  taille humaine et dont on imagine dĂ©jĂ  les prochaines Ă©tapes. À Rock en Seine, Man/Woman/Chainsaw confirme qu’il faudra suivre leur ascension de trĂšs prĂšs.

20h50 – Grandma’s Ashes

La nuit commence Ă  tomber sur Rock en Seine et, devant la scĂšne Roc-On Volkswagen, le public est prĂȘt Ă  prendre une nouvelle dose de rock. Quand Grandma’s Ashes arrive, le ton est immĂ©diatement donnĂ©. Le son est lourd, puissant, et les premiĂšres notes nous prennent directement aux tripes. Le trio parisien ne cherche pas Ă  faire dans la retenue. Les guitares grondent, la basse enveloppe la scĂšne et la batterie frappe avec une prĂ©cision redoutable. Leur musique mĂ©lange stoner, grunge, rock gothique et influences plus progressives, mais ce soir, c’est surtout l’intensitĂ© qui domine. TrĂšs vite, je me retrouve happĂ© par leur univers. Les morceaux prennent le temps de s’installer avant de monter progressivement en puissance. Puis tout explose. Le son devient massif, presque physique, et la scĂšne semble soudain trop petite pour contenir toute cette Ă©nergie. Dans la fosse, le public rĂ©pond prĂ©sent. Les tĂȘtes bougent, les corps se rapprochent et l’ambiance devient de plus en plus Ă©lectrique. Il y a quelque chose de trĂšs instinctif dans ce concert : on ne cherche pas forcĂ©ment Ă  comprendre, on ressent. Grandma’s Ashes joue avec une intensitĂ© qui rend chaque morceau vivant et nous pousse Ă  rester concentrĂ©s sur la scĂšne. Ce qui fonctionne particuliĂšrement bien, c’est cette capacitĂ© Ă  alterner puissance et moments plus suspendus. Le trio nous laisse respirer avant de repartir de plus belle, comme une succession de vagues qui nous emportent toujours un peu plus loin. À la fin du concert, on ressort avec cette impression d’avoir pris une vĂ©ritable claque. Grandma’s Ashes confirme surtout que le rock français possĂšde encore une Ă©nergie brute, capable de faire vibrer un festival entier.

Dimanche

14h20 – Arthur Fu Bandini

DerniĂšre journĂ©e de Rock en Seine. Le festival commence doucement, mais il suffit de quelques minutes devant la scĂšne AXS pour que la journĂ©e prenne une toute autre tournure. Arthur Fu Bandini arrive sur scĂšne et, trĂšs vite, on comprend que l’on assiste Ă  quelque chose d’assez particulier. Difficile de rester indiffĂ©rent face Ă  cette Ă©nergie. Arthur Fu Bandini navigue entre rock, chanson, Ă©lectro et spoken word, avec une libertĂ© qui fait immĂ©diatement mouche. Mais au-delĂ  du style, c’est surtout sa prĂ©sence qui bluffe. Il occupe la scĂšne avec une assurance communicative, joue avec le public et semble prendre autant de plaisir que nous Ă  ĂȘtre lĂ . Autour de nous, les sourires apparaissent rapidement. On Ă©tait peut-ĂȘtre venu simplement dĂ©couvrir un artiste programmĂ© en dĂ©but d’aprĂšs-midi, et nous voilĂ  finalement complĂštement embarquĂ©s. Les morceaux s’enchaĂźnent, l’énergie monte et Arthur Fu Bandini rĂ©ussit quelque chose de prĂ©cieux : rendre ce moment Ă  la fois surprenant, gĂ©nĂ©reux et franchement enthousiasmant. Il y a dans ce concert une vraie sensation de dĂ©couverte. Celle de tomber sur un artiste que l’on ne connaissait pas forcĂ©ment et de ressortir en se disant qu’il faudra absolument le revoir. Arthur Fu Bandini est l’une des vraies belles surprises de cette Ă©dition de Rock en Seine. Un concert bluffant, portĂ© par un style singulier et une Ă©nergie communicative, qui donne parfaitement le ton pour cette derniĂšre journĂ©e de festival.

15h00 – KĂŒdeta

Le soleil accompagne cette derniĂšre journĂ©e de Rock en Seine et, devant la scĂšne Roc-On Volkswagen, KĂŒdeta arrive avec une Ă©nergie qui ne laisse rapidement plus beaucoup de monde indiffĂ©rent. DĂšs les premiĂšres notes, le groupe nous embarque dans son univers pop-funk, teintĂ© de rock et d’électro. Sur scĂšne, les cinq musiciens dĂ©bordent d’enthousiasme. Ça joue, ça sourit, ça bouge, et cette gĂ©nĂ©rositĂ© se transmet immĂ©diatement au public. KĂŒdeta ne se contente pas d’enchaĂźner les morceaux : le groupe partage vĂ©ritablement son plaisir d’ĂȘtre lĂ . On sent une envie sincĂšre de faire de ce concert un moment collectif. TrĂšs vite, les festivaliers se laissent prendre au jeu. Les corps commencent Ă  bouger, les sourires apparaissent et l’ambiance devient de plus en plus chaleureuse. Il y a quelque chose de particuliĂšrement rafraĂźchissant dans cette prestation : une Ă©nergie simple, communicative, qui fait du bien en cette derniĂšre journĂ©e de festival. KĂŒdeta possĂšde dĂ©jĂ  cette capacitĂ© Ă  crĂ©er une connexion avec le public, sans artifice et avec une vraie gĂ©nĂ©rositĂ©. Leur enthousiasme est communicatif et donne Ă  ce concert une dimension particuliĂšrement attachante. On repart de la scĂšne avec le sourire et cette agrĂ©able sensation d’avoir dĂ©couvert un groupe plein de vie. KĂŒdeta marque cette derniĂšre journĂ©e par son Ă©nergie et sa gĂ©nĂ©rositĂ© : exactement le genre de concert qui fait du bien Ă  Rock en Seine.

15h45 – Love Spells

La derniĂšre journĂ©e de Rock en Seine continue et, devant la scĂšne AXS, Love Spells va rapidement nous offrir l’un des moments les plus marquants du festival. DĂšs les premiĂšres minutes, l’énergie est incroyable. Il y a quelque chose de totalement dĂ©complexĂ© dans cette performance, une envie de tout donner et surtout de partager chaque seconde avec le public. Love Spells ne reste jamais en place. Il court, danse, joue avec la foule et transforme progressivement la scĂšne en vĂ©ritable terrain de jeu. À un moment, il enchaĂźne mĂȘme plusieurs grands Ă©carts, toujours tournĂ© vers le public, comme s’il cherchait Ă  repousser encore un peu les limites de la performance. La scĂšne devient alors un espace de libertĂ© totale, oĂč chaque geste participe Ă  l’énergie du concert. Mais derriĂšre cette dĂ©bauche d’énergie, c’est surtout le don de soi qui impressionne. Love Spells se livre entiĂšrement, sans jamais donner l’impression de calculer ses mouvements. Le public le lui rend bien : les sourires se multiplient, les rĂ©actions sont immĂ©diates et une vĂ©ritable connexion s’installe entre la scĂšne et la fosse. On ne regarde plus simplement un concert, on assiste Ă  une vĂ©ritable performance. C’est probablement l’un des moments oĂč l’on ressent le plus cette capacitĂ© qu’a Rock en Seine Ă  nous faire dĂ©couvrir des artistes encore en pleine construction, mais dĂ©jĂ  capables de proposer quelque chose de fort. Love Spells est clairement l’une des grandes rĂ©vĂ©lations de cette Ă©dition. Une performance scĂ©nique impressionnante, une Ă©nergie folle et un vĂ©ritable don de soi : tout laisse penser que cet artiste est encore au dĂ©but d’une belle ascension.

16h30 – Île de Garde

Île de Garde arrive sur la scĂšne Roc-On Volkswagen avec une Ă©nergie qui accroche immĂ©diatement. DĂšs les premiĂšres notes, les trois Bretonnes imposent leur univers et des textes qui frappent juste. Les mots claquent, interpellent et donnent rapidement une vraie personnalitĂ© au concert. Mais ce qui marque aussi, c’est la belle osmose entre les membres du groupe. Les trois musiciennes semblent parfaitement connectĂ©es, se rĂ©pondent du regard et avancent ensemble avec une vraie complicitĂ©. Cette cohĂ©sion donne une force supplĂ©mentaire Ă  leur prestation et rend l’ensemble particuliĂšrement vivant. Le public, lui, est immĂ©diatement rĂ©ceptif. On Ă©coute, on bouge, on se laisse progressivement embarquer par cette musique Ă  la fois sombre, directe et Ă©nergique. Il y a une vĂ©ritable connexion qui s’installe entre la scĂšne et la fosse, sans jamais avoir besoin d’ĂȘtre forcĂ©e. Île de Garde se donne pleinement et dĂ©fend ses textes avec conviction. Leur prestation possĂšde quelque chose de trĂšs sincĂšre : chaque morceau semble portĂ© par une vraie envie de partager et de faire passer un message. Une trĂšs belle prestation pour les Bretonnes, qui nous auront marquĂ© par leur Ă©nergie, leurs textes percutants et cette belle complicitĂ© sur scĂšne. Un concert qui confirme surtout qu’Île de Garde est un groupe Ă  suivre de trĂšs prĂšs.

17H25 – Hanna Von hAUSSWOLFF

Hanna von Hausswolff prend possession de la scĂšne AXS dĂšs les premiĂšres secondes. Elle alterne entre le fond et l’avant de la scĂšne, se dĂ©place, revient, avance Ă  nouveau, sans jamais donner l’impression de chercher la lumiĂšre pour elle-mĂȘme. Chaque mouvement semble au contraire pensĂ© pour servir un ensemble, une vision musicale qui dĂ©passe la simple performance. Artiste plurielle, Hanna von Hausswolff construit un univers puissant et singulier, oĂč sa voix se mĂȘle aux claviers, aux guitares et aux longues envolĂ©es instrumentales. Sur scĂšne, tout paraĂźt avoir sa place. Les diffĂ©rentes couches sonores s’additionnent progressivement, jusqu’à crĂ©er une vĂ©ritable tension qui finit par nous emporter. Ce qui frappe surtout, c’est cette cohĂ©rence dans le projet musical. Rien ne semble gratuit : les dĂ©placements, les silences, les montĂ©es en puissance et les explosions sonores participent tous Ă  la mĂȘme intention. Hanna von Hausswolff ne cherche pas simplement Ă  occuper la scĂšne, elle construit un vĂ©ritable espace musical dans lequel le public peut entrer. Et nous y entrons complĂštement. Le public est rĂ©ceptif, attentif, happĂ© par cette proposition aussi exigeante qu’envoĂ»tante. Pendant quelques instants, le festival semble disparaĂźtre autour de nous. Un concert tout simplement bluffant, portĂ© par une artiste plurielle qui a vĂ©ritablement pris possession de la scĂšne. Une des trĂšs belles prestations de Rock en Seine, aussi impressionnante par sa puissance que par la cohĂ©rence de son projet musical.

18h30 – Hudson Freeman

The Cure est en approche, mais avant de rejoindre la Grande ScĂšne, une belle Ă©tape folk nous attend avec Hudson Freeman. Pour sa premiĂšre date en France, l’artiste amĂ©ricain offre un moment d’une grande sobriĂ©tĂ©, loin des artifices et de l’agitation du festival. Seul avec sa guitare et sa voix, Hudson Freeman installe rapidement une atmosphĂšre intime. Les morceaux prennent leur temps, les mĂ©lodies respirent et chaque note semble trouver naturellement sa place. Il y a quelque chose de particuliĂšrement sincĂšre dans cette prestation, une simplicitĂ© qui permet aux chansons de s’exprimer pleinement. Face Ă  lui, le public se montre attentif et rĂ©ceptif. On Ă©coute, on se laisse porter et, pendant quelques minutes, le tumulte de Rock en Seine semble s’éloigner. Hudson Freeman n’a pas besoin d’en faire trop : sa voix, ses compositions et cette maniĂšre d’habiter chaque morceau suffisent largement. Une vĂ©ritable leçon de folk, portĂ©e par une interprĂ©tation tout en finesse et une belle prĂ©sence scĂ©nique. Pour cette premiĂšre rencontre avec le public français, Hudson Freeman rĂ©ussit parfaitement son entrĂ©e en scĂšne. Un moment simple, Ă©lĂ©gant et profondĂ©ment musical. Une trĂšs belle dĂ©couverte dont on redemande dĂ©jĂ .

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