Christone « Kingfish » Ingram arrive sur scĂšne entourĂ© de ses musiciens. Son jeu, nourri d’influences allant de Jimi Hendrix Ă  Prince en passant par les grands maĂźtres du blues, rĂ©vĂšle une personnalitĂ© unique : riffs explosifs, solos inspirĂ©s et une Ă©motion profonde dans chaque interprĂ©tation. Des titres comme Empty Promises ou You’re Already Gone mettent en avant une sensibilitĂ© et une maturitĂ© Ă©tonnantes pour un artiste encore si jeune.

Il enchaĂźne ses titres avec maestria, mĂȘme si l’on aurait pu imaginer, au final, un show plus dĂ©bridĂ© que celui, plus tout en retenue, qu’il nous a offert. Il termine finalement par un passage dans le public, moment de communion avec une foule conquise.

Programmé en tout début de journée, vers 17h, sous une chaleur écrasante, le groupe londonien a dû composer avec une scÚne en plein soleil et un public déjà accablé par la canicule.

Pourtant, Shame n’a rien lĂąchĂ©. PortĂ© par l’Ă©nergie de Charlie Steen, qui multiplie les dĂ©placements, les Ă©changes avec le public et les moments de complicitĂ©, le groupe livre une prestation gĂ©nĂ©reuse et engagĂ©e. Le bassiste Josh Finerty impressionne une nouvelle fois par ses performances physiques spectaculaires, entre sauts, courses et figures acrobatiques, offrant l’un des moments les plus marquants du concert.

La setlist, composĂ©e de cinq titres du dernier album Cutthroat et de plusieurs morceaux issus des prĂ©cĂ©dents disques, confirme la qualitĂ© du rĂ©pertoire du groupe. Mais malgrĂ© cette intensitĂ©, la magie opĂšre difficilement : la chaleur extrĂȘme et l’horaire prĂ©coce empĂȘchent le public d’entrer pleinement dans le concert.

Au final, cette prestation ne restera pas comme l’un des meilleurs souvenirs live de Shame non pas par manque de talent ou d’engagement, mais en raison d’un contexte particuliĂšrement dĂ©favorable. Dommage d’avoir dĂ©couvert le groupe dans ces conditions, en pleine canicule et en tout dĂ©but de journĂ©e, car leur Ă©nergie et leur puissance scĂ©nique mĂ©ritent sans doute d’ĂȘtre apprĂ©ciĂ©es dans un cadre plus propice : en soirĂ©e, ou dans une salle oĂč leur post-punk incandescent pourrait pleinement s’exprimer

MalgrĂ© une chaleur accablante et un crĂ©neau en plein aprĂšs-midi conditions peu propices Ă  son univers feutrĂ© Agnes Obel a su imposer une prestation d’une rare Ă©lĂ©gance, confirmant la singularitĂ© de son Ă©criture. EntourĂ©e de trois musiciens d’exception, l’artiste danoise a construit un concert oĂč chaque Ă©lĂ©ment, des arrangements aux jeux de lumiĂšre, concourait Ă  une vĂ©ritable expĂ©rience immersive.Alternant classiques de son rĂ©pertoire et titres inĂ©dits issus de son prochain album, elle a dĂ©montrĂ© une Ă©volution artistique assumĂ©e. Piano et voix Ă©thĂ©rĂ©e restent le socle de son identitĂ©, mais les nouvelles compositions empruntent des chemins plus Ă©lectroniques et expĂ©rimentaux, portĂ©es par synthĂ©tiseurs, percussions et un violoncelle omniprĂ©sent.

PrĂ©cision instrumentale, richesse des arrangements, sobriĂ©tĂ© de l’interprĂ©tation : l’ensemble dĂ©gage une intensitĂ© rare. Sans jamais cĂ©der Ă  la dĂ©monstration, Agnes Obel captive par sa capacitĂ© Ă  suspendre le temps, oĂč l’Ă©motion prime toujours sur l’effet.

Changement d’ambiance aprĂšs la parenthĂšse feutrĂ©e d’AgnĂšs Obel : place Ă  Royel Otis, qui ne cherche pas Ă  impressionner par une production tape-Ă -l’Ɠil. Leur force rĂ©side dans une dĂ©contraction apparente, contredite par une exĂ©cution redoutablement maĂźtrisĂ©e. DĂšs les premiers morceaux, le duo enchaĂźne les titres avec trĂšs peu de temps mort, imprimant au concert un rythme soutenu oĂč les chansons s’enchaĂźnent nat urellement.Sur scĂšne, le son gagne en densitĂ© et en nervositĂ© par rapport aux versions studio. Les guitares prennent du relief, la section rythmique apporte davantage de puissance, et les morceaux basculent vers une dimension plus rock, sans jamais sacrifier leur veine mĂ©lodique. Les voix, elles, restent trĂšs fidĂšles aux enregistrements signe d’un groupe parfaitement rodĂ©.

On retiendra surtout, en point d’orgue du set, un featuring avec Charlotte Cardin, l’un des moments forts de cette journĂ©e.

AprĂšs son featuring surprise avec Royel Otis, Charlotte Cardin a offert son propre moment, trĂšs maĂźtrisĂ©, portĂ© par une production lĂ©chĂ©e. Ce soir-lĂ , l’artiste quĂ©bĂ©coise n’avait plus rien Ă  prouver : l’affluence, venue en nombre, Ă©tait dĂ©jĂ  largement conquise avant mĂȘme les premiĂšres notes.

AprĂšs la parenthĂšse pop de Charlotte Cardin, place aux Dropkick Murphys, qui livrent un concert reprĂ©sentatif de leur rĂ©putation scĂ©nique : une performance punk celtique oĂč Ă©nergie, engagement politique et interaction avec le public occupent une place centrale. Sur scĂšne, le groupe n’accorde aucun temps mort. Le set s’enchaĂźne Ă  un rythme soutenu, portĂ© par un mur de guitares, une section rythmique dense et les instruments caractĂ©ristiques du groupe cornemuse, banjo et accordĂ©on qui distinguent leur son du punk traditionnel. La puissance sonore reste constante tout au long du concert, tandis que la fosse rĂ©pond collectivement Ă  chaque morceau.

Au centre de cette Ă©nergie, Ken Casey occupe le rĂŽle de meneur de foule. Il multiplie les prises de parole et les incitations au pogo et au circle pit, profitant des temps morts pour dĂ©livrer des messages politiques sans dĂ©tour. Le groupe alterne ainsi morceaux festifs et passages plus solennels, notamment lors de ballades en hommage., Le concert se conclut sur une sĂ©rie de classiques Rose Tattoo, I’m Shipping Up to Boston accompagnĂ©s de crowdsurfing, de bras levĂ©s et de refrains repris en masse par le public. Cette prestation confirme la capacitĂ© du groupe Ă  gĂ©nĂ©rer une adhĂ©sion collective forte, au-delĂ  du simple cadre du concert.

Pour clore cette journĂ©e, place Ă  Franz Ferdinand, groupe toujours au sommet de sa forme scĂ©nique. Vingt ans aprĂšs leurs dĂ©buts, les Écossais n’ont rien perdu de leur mordant : rythmiques anguleuses, riffs de guitare acĂ©rĂ©s et Ă©nergie communicative, le tout servi par une prĂ©sence scĂ©nique toujours aussi affĂ»tĂ©e.

Le groupe fait le tour de son immense rĂ©pertoire, alternant les incontournables Take Me Out, Do You Want To, This Fire et des titres plus rĂ©cents, sans jamais casser le rythme. Chaque morceau semble pensĂ© pour faire danser : la foule rĂ©pond prĂ©sent, des premiers rangs jusqu’au fond du public, dans un mouvement collectif qui ne faiblit pas.

Leur gĂ©nĂ©rositĂ© capte les foules pour les recracher le sourire aux lĂšvres. En clĂŽture de journĂ©e, Franz Ferdinand offre exactement ce qu’on attend d’un groupe de cette trempe : un set efficace, fĂ©dĂ©rateur, qui laisse le public sur une note rĂ©solument festive

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