Le 9 juillet dernier, le Cabaret Sauvage a vĂ©cu une soirĂ©e Ă double visage. D’un cĂŽtĂ©, l’Ă©lĂ©gance feutrĂ©e d’une rencontre entre jazz et traditions maghrĂ©bines. De l’autre, la dĂ©ferlante festive d’un groupe fĂȘtant dix ans de carriĂšre en rĂ©unissant les peuples sur un mĂȘme dancefloor. Deux ambiances, un mĂȘme chapiteau, et un public conquis du dĂ©but Ă la fin.
Trio Assala, l’Ă©lĂ©gance des racines
En ouverture de soirĂ©e, Trio Assala a offert au public un moment de grĂące rare. RĂ©unis autour de Karim Ziad, Mehdi Nassouli et Malik Ziad, les trois musiciens ont livrĂ© un parfait condensĂ© de la musique nord-africaine, oĂč chaque note semblait pesĂ©e avec soin. Leur set a dĂ©ployĂ© une Ă©lĂ©gance rĂ©solument jazzy, sur laquelle venaient se greffer des textures traditionnelles, entre percussions ancestrales et sonoritĂ©s gnawa, dans un dialogue permanent entre modernitĂ© et hĂ©ritage.
Ce voyage sonore, aussi raffinĂ© que sincĂšre, s’est imposĂ© comme l’une des belles dĂ©couvertes de cette Ă©dition du festival. Dans la salle, le plaisir Ă©tait palpable : une Ă©coute attentive, presque recueillie, portĂ©e par la virtuositĂ© des trois musiciens et par la richesse d’un rĂ©pertoire qui puise autant dans le jazz contemporain que dans les traditions du Maghreb. Une entrĂ©e en matiĂšre tout en finesse, qui a posĂ© les bases d’une soirĂ©e dĂ©jĂ rĂ©ussie.
Soviet Suprem, la fĂȘte sans frontiĂšres
Puis l’ambiance a radicalement changĂ© pour clĂŽturer la soirĂ©e. Soviet Suprem a dĂ©ferlĂ© sur la scĂšne du Cabaret Sauvage avec toute l’Ă©nergie qu’on leur connaĂźt. Pour fĂȘter leurs dix ans, John LĂ©nine et Sylvester Staline repartent en campagne avec un nouvel EP qui mĂȘle hip-hop, chanson, Ă©lectro et instruments acoustiques un cocktail dĂ©tonant Ă l’image du groupe, aussi inclassable que jubilatoire.
De la finesse contemplative de Trio Assala Ă l’Ă©nergie fĂ©dĂ©ratrice de Soviet Suprem, cette soirĂ©e du Festival d’ĂtĂ© a offert au public du Cabaret Sauvage un voyage complet, entre dĂ©couverte musicale et fĂȘte collective. Deux propositions, deux atmosphĂšres, mais une mĂȘme conviction : celle que la musique, oĂč qu’elle puise ses racines, reste le plus sĂ»r moyen de rassembler.



























Laisser un commentaire