Le 2 juillet dernier, le Cabaret Sauvage a vĂ©cu l’une de ces soirĂ©es qui restent gravĂ©es dans la mĂ©moire d’une programmation. D’un cĂŽtĂ©, une dĂ©couverte totale, venue de l’autre bout du monde pour rĂ©inventer les racines. De l’autre, une figure incontournable de l’afrobeat, hĂ©ritier d’un nom et d’un hĂ©ritage qu’il porte avec une force intacte. Entre les deux, une salle parisienne balayĂ©e par une Ă©nergie rarement atteinte.

Ajate, la tornade venue de nulle part

S’il ne fallait retenir qu’un seul groupe de cette Ă©dition du Festival d’ÉtĂ©, Ajate culminerait sans doute en tĂȘte de liste. Ce collectif de dix musiciens ne se contente pas de jouer une musique : il fait naĂźtre une transe, dĂ©tonante et organique, oĂč des racines a priori Ă©loignĂ©es viennent s’entremĂȘler jusqu’Ă  ne plus faire qu’une seule et mĂȘme matiĂšre sonore. Sur scĂšne, aux tambours et aux flĂ»tes s’ajoutent des instruments en bambou faits main, artisanaux, presque rituels, qui soutiennent des chants puissants et entraĂźnants portĂ©s par l’ensemble du collectif. De cette rencontre naĂźt un mariage inĂ©dit entre la tradition musicale japonaise et le groove profond de l’afrobeat, un mĂ©tissage qu’on n’attendait pas et qui s’impose pourtant comme une Ă©vidence dĂšs les premiĂšres minutes. La performance scĂ©nique, aussi gĂ©nĂ©reuse que spectaculaire, a transformĂ© le set en une vĂ©ritable tornade, laissant une salle parisienne conquise, presque sonnĂ©e, marquĂ©e durablement par ce qu’elle venait de vivre. Une dĂ©couverte Ă  ne pas manquer, et sans doute l’une des plus belles surprises de cette Ă©dition du festival.

Seun Kuti & Egypt 80, la maĂźtrise d’un hĂ©ritier

Puis Seun Kuti & Egypt 80 sont entrĂ©s en scĂšne, et avec eux, tout le poids d’un hĂ©ritage assumĂ© et prolongĂ© avec panache. TrĂšs bien entourĂ© ce soir-lĂ , Seun Kuti a fait preuve d’une grande maĂźtrise, naviguant avec aisance entre les cuivres, les rythmiques afrobeat hĂ©ritĂ©es de son pĂšre et une Ă©criture rĂ©solument ancrĂ©e dans son Ă©poque, engagĂ©e et sans concession. PrĂ©sent, charismatique, habitĂ© par chaque note et chaque mot, il a portĂ© la soirĂ©e vers un sommet que le public n’Ă©tait sans doute pas prĂšs d’oublier. Entre la fougue collective d’Ajate et la maĂźtrise assurĂ©e d’Egypt 80, cette soirĂ©e du Cabaret Sauvage restera comme un moment qui marquera durablement les esprits.

Deux univers, une mĂȘme flamme

De la transe inĂ©dite d’Ajate Ă  la puissance affirmĂ©e de Seun Kuti & Egypt 80, cette soirĂ©e du 2 juillet a offert au Festival d’ÉtĂ© l’un de ses temps forts les plus marquants. Deux visions de l’afrobeat et de ses racines, rĂ©unies le temps d’une soirĂ©e sous les toiles du Cabaret Sauvage, pour un moment que la salle parisienne n’est pas prĂšs d’oublier.

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