Le lendemain du concert d’Orange Blossom et Nashwa, le Cabaret Sauvage retrouvait dĂ©jĂ  l’ambiance du Festival d’ÉtĂ© pour une nouvelle soirĂ©e placĂ©e sous le signe du dĂ©sert, de la transe touarĂšgue et de la guitare. Dehors, Paris suffoquait encore sous une chaleur Ă©crasante. À l’intĂ©rieur, la fraĂźcheur de la salle offrait un refuge idĂ©al avant un voyage musical vers les grands espaces sahariens.

Kader Tarhanine, la générosité et le partage

S’il fallait retenir un mot pour qualifier la prestation de Kader Tarhanine, ce serait sans doute celui de gĂ©nĂ©rositĂ©. EntourĂ© de son groupe, le musicien malien a livrĂ© plus d’une heure de concert avec une Ă©nergie communicative, multipliant les sourires, les Ă©changes et les envolĂ©es de guitare. Plus qu’une simple succession de morceaux, son passage a rapidement pris la forme d’un vĂ©ritable moment de communion. PortĂ©es par les rythmes du dĂ©sert et les riffs hypnotiques de la guitare touarĂšgue, ses compositions ont progressivement enveloppĂ© la salle. Le public, venu chercher une parenthĂšse aprĂšs une journĂ©e Ă©touffante, s’est laissĂ© emporter par cette chaleur humaine autant que musicale. Le sommet du set est sans doute arrivĂ© avec « Jamila », instant suspendu oĂč la frontiĂšre entre la scĂšne et la salle semblait disparaĂźtre. Un moment rare de partage, oĂč les musiciens et le public vibraient au mĂȘme rythme.

Bombino, la force tranquille d’une lĂ©gende

AprĂšs cette dĂ©ferlante d’énergie, Bombino a proposĂ© un tout autre visage de la musique touarĂšgue. Plus sobre, plus intĂ©rieur, l’artiste nigĂ©rien est arrivĂ© avec la sĂ©rĂ©nitĂ© de ceux qui n’ont plus rien Ă  prouver. DĂšs les premiĂšres notes, sa guitare a rappelĂ© pourquoi il est considĂ©rĂ© comme l’un des grands maĂźtres du genre. Chaque phrase, prĂ©cise et Ă©lĂ©gante, tĂ©moigne d’une maĂźtrise impressionnante. Sans jamais chercher l’effet spectaculaire, Bombino construit sa musique dans la nuance, entre longues montĂ©es hypnotiques et instants plus contemplatifs. AccompagnĂ© de ses musiciens, il a dĂ©roulĂ© un set d’une grande finesse, laissant toute la place Ă  cette guitare reconnaissable entre mille, capable de faire naĂźtre la transe autant que l’émotion.

Avec Kader Tarhanine et Bombino, le Festival d’ÉtĂ© a offert deux expressions complĂ©mentaires de la musique touarĂšgue : l’une tournĂ©e vers le partage et l’explosion collective, l’autre vers la maĂźtrise et la profondeur.Sous les toiles du Cabaret Sauvage, le dĂ©sert semblait pourtant bien rĂ©el. Une soirĂ©e oĂč la chaleur parisienne a laissĂ© place Ă  celle des instruments, des voix et d’une musique capable de rapprocher les peuples bien au-delĂ  des frontiĂšres.

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