À l’approche de la sortie de l’EP II. WINDOW, L’Orne nous à fait le plaisir de répondre à nos questions.

1. Où une chanson prend-elle généralement naissance chez vous : un son, une émotion, un rythme ou une idée conceptuelle ?

Pour moi (Quin), une chanson commence par un concept. Une envie d’écrire sur un sujet précis, qui influence ensuite ma manière d’aborder la guitare. Mais il arrive aussi qu’un son détermine le thème de la chanson. Tout dépend de ce qui apparaît en premier. Pour Luka, c’est différent : ils jouent de la guitare au hasard et les morceaux semblent émerger naturellement. Les paroles, les thèmes, les accords et le rythme se développent alors en même temps.

2. Comment avez-vous concrètement commencé à écrire les trois morceaux de II. WINDOW ?

Chaque morceau de l’EP est arrivé à un moment différent. Nous avons écrit Brook ensemble dans notre local de répétition, alors que nous étions absorbés par la relation toxique d’un ami. Looking Leak est venu à Luka de manière totalement inattendue, après avoir essayé d’écrire une chanson sur ce sujet pendant au moins sept ans ! Quant à Live, from the horse’s mouth, il est né pendant que Quin gardait des chats dans une maison équipée d’une magnifique guitare classique à cordes nylon. Quin ressentait beaucoup de colère envers la scène musicale et le monde en général… et c’est ainsi qu’est née Horse.

3. À quel moment décidez-vous qu’un morceau est terminé ?

Soit après un très long travail d’assemblage, où nous ajustons chaque pièce du puzzle jusqu’à ce que nous ayons le sentiment que la chanson est la meilleure version possible d’elle-même, soit très rapidement. Il arrive que les bases soient déjà là après seulement une ou deux répétitions ensemble.

4. Comment se déroulent vos sessions d’enregistrement : de longues prises continues ou une construction par couches successives ?

Clairement de longues prises continues. Nos morceaux comportent beaucoup de changements de structure et de dynamique, mais nous ne voulions pas qu’ils sonnent de manière mécanique. Les transitions entre les différentes parties sont essentielles. Bien sûr, nous ajoutons quelques overdubs lorsqu’il est impossible de tout jouer en même temps, mais la majeure partie de ce que l’on entend est simplement nous, jouant ensemble dans une même pièce. Idéalement en une seule prise complète.

5. Comment gérez-vous les désaccords ou les divergences artistiques en studio ?

Comme nous n’avons pas le budget pour installer un ring de boxe dans notre local de répétition, nous préférons être honnêtes les uns envers les autres concernant nos ressentis. Nous faisons toujours de notre mieux pour que chacun soit satisfait du résultat final. Il faut mettre son ego de côté et faire passer la musique avant tout.

Quel rôle joue l’improvisation dans votre processus créatif ?

Pour moi (Quin), l’improvisation a sa place à certains moments. Il est important de pouvoir inventer ou remodeler certaines parties pendant les répétitions. En revanche, je ne suis pas très amateur d’improviser sur scène (à part les solos, bien sûr), car il existe toujours un risque que le résultat soit moins bon que prévu. Je ne voudrais pas donner une impression d’amateurisme aux personnes qui prennent de leur temps pour venir assister à un bon concert. Les autres membres, eux, adorent improviser et nos morceaux laissent d’ailleurs une certaine liberté pour cela. Certains d’entre nous sont tout simplement passionnés par les longues sessions de jam… et c’est tellement amusant !

6. Avez-vous conservé des premières versions très différentes des morceaux définitifs ?

Oui, mais elles ne verront probablement jamais le jour. Sauf, bien sûr, si nous réalisons plus tard qu’un élément de ces anciennes versions fonctionne particulièrement bien. Philia est le seul morceau dont une démo très différente de la version finale a finalement été publiée.

7. Y a-t-il eu des moments où un morceau a complètement changé de direction pendant sa création ?

Oui, absolument ! Nous jouons depuis quelque temps un morceau intitulé Unlike Goldfish, dont nous venons d’enregistrer une démo. À l’origine, il avait une ambiance très rêveuse et douce, mais nous avons complètement renversé cette idée pour en faire le morceau de notre répertoire doté de la montée en puissance la plus longue, la plus sombre et la plus pesante. Cette nouvelle version a récemment été jouée pour la première fois en concert, lors d’une date avec le groupe canadien Truck Violence. Et cela a parfaitement fonctionné !

8. Comment le processus de création de II. WINDOW a-t-il influencé le reste de la trilogie ?

Le dernier chapitre de la trilogie sonnera très différemment de tout ce que nous avons fait jusqu’à présent, mais c’est une manière de fonctionner qui nous ressemble beaucoup. Nous essayons toujours de proposer quelque chose de différent, de meilleur que ce qui existe déjà. Nous avons expliqué que cet EP avait été enregistré principalement en live et en une seule prise. Pour notre prochain album, nous envisageons au contraire une approche beaucoup plus artisanale, fondée sur les overdubs et le travail de superposition. Nous sommes tous très curieux de découvrir quelles nouvelles formes de créativité cette méthode nous permettra d’explorer.

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