Avec Terrestrials, Pond livre un album dense, nerveux, presque débordant, où le psych-rock habituel du groupe se frotte à des préoccupations très concrètes : crise environnementale, extraction minière, capitalisme vorace et identité australienne fracturée.

Sans bouleverser totalement sa formule, le groupe la resserre et la durcit. Les textures sont moins noyées dans la reverb, les synthés plus menaçants, les rythmiques plus directes. On sent une volonté de coller au réel, comme si chaque morceau devenait un fragment de territoire abîmé, une carte sonore des tensions contemporaines. Mais là où l’album surprend, c’est dans son ambition presque documentaire : les chansons accumulent références et récits, parfois au risque de la surcharge. Cette densité peut désorienter, mais elle participe aussi à une impression de monde en surchauffe, difficile à réduire à une seule lecture.

Terrestrials n’est pas un disque immédiatement séduisant, mais un objet vivant, instable, qui gagne en relief à mesure qu’on s’y attarde. Pond n’y cherche pas la clarté, mais une forme d’excès contrôlé celui d’un chaos qu’on tente de mettre en musique sans jamais le simplifier.

Note : 4 sur 5.

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