A l’approche de la sortie de son album Sol, Ezéchiel Pailhès à eu la gentillesse de répondre a nos questions.
- Quand tu commences un nouvel album, pars-tu avec une idée précise de ce que tu veux raconter ou la direction se révèle-t-elle progressivement au fil des compositions ?
Cela dépend souvent de l’album, mais Pour cet Album il y avait une idée précise , qui était d’adapter des chansons du répertoire brésilien , mais la manière de le faire restait à trouver.
La direction se trouve en travaillant et souvent autour de 2 ou 3 pistes dont je suis sur, et qui vont donner peut être pas la direction , mais confirmer qu’au bout de ce chemin il y a l’idée d’un bel endroit.
- À quoi ressemble la toute première étape de ton processus créatif ?
En général tout cela est assez cyclique, quand c’est le moment d’écrire je le sais, et c’est parfois contre productif de le faire quand ce n’est pas le moment, il faut savoir être patient et accepter l’ennui, qui a une image assez négative mais assez sous-côté.
- As-tu mis en place une routine de création pour Sol ou travailles-tu davantage par périodes d’inspiration ?
Oui c’est plutôt des périodes , il y la premier période qui est plutôt documentaire , ou j’écoute, je regarde, je décompose et cherche l’inspiration dans le travail des autres, puis les premières idées, les bonnes et les mauvaises que je commence a enregistré de manière brutale , ensuite je laisse souvent reposé les idées avant de les développer, je ne veux pas prendre de décision trop rapidement et passer à côté de piste nouvelles, c’est un mélange d’intuitivité, d’acharnement , et de sagesse. Puis je rentre dans la partie ou je ne lache plus le morceau jusqu’à ce que j’estime qu’il soit terminé, c’est souvent la partie la plus éprouvante car il faut structurer, développer, s’acharner, sans perdre la bonne idée, la rendre efficace c’est un long travail parfois une bataille.
- À quel moment décides-tu qu’un morceau est terminé ? Est-ce une évidence ou un choix parfois difficile à accepter ?
Pour moi c’est souvent une évidence de terminer un morceau, même ceux que je ne garde pas, après tout ce travail on arrive a une forme de consensus parfois évident d’autres fois moins.
Mais il y a une forme de résignation qu’il faut savoir écouter, en tous les cas sur les morceaux moins évidents à terminer, car certains morceaux demandent plus de temps que d’autres , des chemins plus tortueux.
Alors que d’autres ne posent pas de question, vous le sentez.Ceux- là deviendront parfois des morceaux importants de l’album, single par exemple ou pas.
- Y a-t-il eu un moment précis durant la création de l’album où tu as senti que tu tenais enfin le fil conducteur
Oui comme je disais plus haut en général le fil conducteur vient au bout de 3 a 4 idées pour moi sur un album, si je tiens ces premiers jets j’ai mon croquis et je sais que je peux me lancer.
- Quelles sont les contraintes que tu t’imposes volontairement lorsque tu commences un disque ?
Je n’ai pas vraiment de contraintes, en dehors des moments quotidiens je m’aménage des périodes plus intenses pour travailler plus dur.
S’agissant du commencement d’un disque, la contrainte est parfois celle de se remettre au travail et de retrouver la confiance, et l’efficacité de ses idées, il faut parfois un peu de temps avant de retrouver la satisfaction et y le plaisir de créer
- En regardant tes albums précédents, qu’est-ce que Sol t’a appris de nouveau sur ta façon de créer
Je dirai que chaque album m’apprend du nouveau sur la manière de créer de se poser des questions, sur la vie, l’art, l’amour, la guerre, le temps qui passe, les gens qu’on aime, qui écoutent ma musique, c’est un perpétuel voyage initiatique. Et à chaque album a la manière d’un romancier je repars a la conquête d’une nouvelle histoire.





Laisser un commentaire