Dua Saleh livre avec Of Earth & Wires un album tendu et mouvant, où le chaos du monde contemporain dialogue avec des émotions intimes à vif. Tout repose sur une idée de friction permanente, entre organique et électronique, entre effondrement et survie.

“5 Days” ouvre sur une montée progressive qui se brise brutalement en tempête sonore, posant d’emblée le climat du disque. Sur “B r e a t h e”, les textures aériennes et synthétiques traduisent une sensation d’air rare, presque suffocant, au cœur d’un monde instable. Plus loin, “Flood” et “Firestorm” prolongent cette dynamique de débordement, entre dérive émotionnelle et énergie brûlante, dans un mélange d’électronique, de R&B et d’expérimentation.

L’album se distingue aussi par l’entrelacement de références soudanaises et de productions futuristes, créant un langage hybride et singulier. La fin, avec “Anemic” et la voix d’aja monet, apporte une forme de calme fragile, comme une dernière respiration après la tempête.

Of Earth & Wires est ainsi un disque intense et instable, qui transforme les tensions du réel en matière sonore et trouve, au cœur du tumulte, une forme de souffle.

Note : 4 sur 5.

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