Il y a des soirs où Paris se souvient pourquoi elle aime la musique. Ce vendredi à La Maroquinerie, Jamie Woon en a offert un de plus.

Avant même que l’Anglais ne pose le pied sur scène, c’est l’islansais Elin Hall qui a eu la lourde tâche d’ouvrir la soirée seule, en solo, armée de sa voix et de peu d’autre chose. Une première partie d’une grande douceur, traversée par une sensibilité rare. La jeune artiste a révélé un talent précieux, fragile et lumineux à la fois, le genre qui s’accroche longtemps après la dernière note. Un beau présage pour la suite.

Puis vint Jamie Woon.

Accompagné de trois musiciens, le Londonien a installé dès les premières mesures une atmosphère à nulle autre pareille ce mélange unique de soul profonde, d’électronique organique et de voix de soie qu’il est seul à maîtriser avec cette évidence désarmante. Chaque morceau s’est enchaîné avec une fluidité presque irréelle, comme si le set entier n’était qu’une seule et longue respiration. De retour avec son album 3, 10, Why, When, Jamie Woon n’avait rien à prouver. Et c’est peut-être précisément pour ça qu’il a tout prouvé. Il a rappelé à un public conquis et visiblement heureux de le retrouver qu’il appartient à cette catégorie rare d’artistes qui n’élèvent jamais la voix pour se faire entendre. Pas besoin. La beauté, chez lui, n’a pas besoin de forcer le passage.

Le mot qui résume le mieux cette soirée ? Élégance. Une élégance éclatante, du premier accord au dernier silence.

La Maroquinerie, décidément, sait recevoir les grands.

Laisser un commentaire

Tendances