La soirée s’annonçait douce, presque estivale. Le genre de soir où l’on vient sans attente particulière, disponible. Ce sont souvent ces soirs là qui marquent le plus.

Carmen Sea débarque en premier et impose immédiatement son territoire. Trente minutes, pas un mot prononcé, et pourtant le quatuor instrumental tient le public en haleine du début à la fin. Il y a dans leur jeu une évidence saisissante cette façon de raconter sans narrer, de communiquer sans paroles. Une entrée en matière éblouissante, applaudie chaleureusement par une salle conquise et manifestement assoiffée de plus.

Gans prend ensuite possession de l’espace.

Le groupe attaque fort, très fort. Mais là où certains se contentent du mur du son comme unique argument, Gans y glisse des failles, des respirations, des contrastes. Les séquences intenses cèdent la place à des séquences rock alternatif plus travaillées, plus intérieures, donnant au set une vraie densité. Ce relief permanent empêche toute monotonie et témoigne d’une maturité artistique bien réelle. Ce qui soude l’ensemble ? Une énergie animale, presque viscérale l’envie de tout donner, visible dans chaque geste, chaque attaque. Un troisième larron aux cuivres vient compléter le tableau, insufflant une dimension inattendue au son du groupe : une chaleur cuivrée qui arrondit les angles sans jamais en émousser le tranchant.

Gans repart avec les honneurs. Un live maîtrisé, généreux, qui ne sacrifie pas la subtilité à l’impact. Et ça, par les temps qui courent, c’est loin d’être anodin.

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