Dans l’atmosphère feutrée de La Maroquinerie, le 16 février 2026, Sarāb a embrasé la scène avec une performance intense, à la croisée des mondes, où les influences occidentales et orientales se fondent en un même élan.
Guidé par la voix saisissante de Climène Zarkan et le jeu incisif de Baptiste Ferrandis, le groupe façonne un paysage sonore en constante évolution. Dès l’entame, une tension sourde s’installe : la basse vrombit, les claviers déploient des textures mouvantes, tandis que la batterie de Paul Berne imprime une pulsation profonde et organique. Le trombone de Robinson Khoury, tour à tour ample et incandescent, vient survoler l’ensemble avec une grâce presque irréelle.
Peu à peu, le concert glisse vers une forme d’ivresse collective. Le public, captif, oscille entre contemplation et lâcher-prise. Les morceaux s’étendent, se densifient, puis éclatent, empruntant aussi bien au rock progressif qu’au jazz contemporain, tout en s’aventurant vers des territoires plus rugueux, proches de l’électronique ou du métal. Malgré cette richesse, l’émotion reste le fil conducteur, palpable à chaque instant.
La force du projet réside dans cette capacité à faire cohabiter des traditions sans jamais les figer. Les lignes vocales, nourries de répertoires arabo-classiques, convoquent une intensité presque spirituelle, tandis que l’énergie électrique insuffle une urgence résolument actuelle. De cette tension naît un équilibre rare, à la fois fragile et puissant.
Ce soir-là, les six musiciens ont esquissé les contours d’un langage universel, où les influences se mêlent pour mieux se réinventer. Entre ferveur et déflagration, recueillement et débordement, Sarāb a proposé une expérience totale, habitée, où chaque son semblait chargé de sens une célébration vibrante de l’expression, de la liberté et de la résistance.

















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