Avec My World Is The Sun, Dominique Fils-Aimé livre sans doute l’un des albums les plus bouleversants et lumineux de sa carrière. Depuis Nameless (2018), la chanteuse québécoise s’est imposée comme une artiste essentielle, bâtissant des œuvres ciselées, souvent pensées comme des cycles narratifs. Ce nouveau chapitre, amorcé avec Our Roots Run Deep, la voit aller encore plus loin : plus intime, plus habitée, plus libre.
Dès l’ouverture, le frisson est immédiat. La voix de sa mère, exhumée d’une cassette des années 70, interprétant « Ma Mélodie », agit comme une révélation. Ce n’est pas seulement une introduction : c’est un passage de mémoire, un geste d’amour pur. À partir de là, tout l’album rayonne autour de la transmission, de l’héritage et du lien filial. La boucle se referme magnifiquement lorsque Fils-Aimé s’approprie le morceau à son tour, avant d’offrir une reprise d’une délicatesse infinie de Francis Cabrel.
Enregistré en grande partie en direct, l’album vibre, respire, palpite. Piano aérien, percussions organiques, cuivres enveloppants : chaque arrangement semble sculpté pour magnifier cette voix profonde, chaude, presque magnétique. Sur « Phoenix Rising » ou « The River », elle embrasse la soul, le jazz et la ferveur spirituelle avec une aisance renversante, sans jamais tomber dans la démonstration technique. Tout est justesse, tout est intention.
Contemplatif mais intensément vivant, lumineux même dans ses zones d’ombre, My World Is The Sun ne se contente pas d’être écouté,il se ressent. Dominique Fils-Aimé confirme, avec une grâce éclatante, qu’elle est l’une des voix les plus précieuses et inspirées du jazz contemporain.






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