Ce n’est pas tous les jours que l’on tombe sur un album de cette trempe. Un disque qui avance à pas feutrés, sans chercher à capter l’attention par des effets faciles, mais qui s’impose peu à peu, par sa profondeur et sa sincérité. Avec Singin’ to an Empty Chair, Ratboys signe une œuvre d’une maturité impressionnante, celle d’un groupe qui accepte de ralentir pour mieux dire.

Leur indie rock, imprégné de country et d’emo, s’exprime ici avec une finesse remarquable. Les chansons s’étendent, prennent le temps de respirer, comme des trajets improvisés sur des routes oubliées. Les guitares oscillent entre douceur et dérive, tandis que la voix de Julia Steiner, à la fois vulnérable et assurée, met en lumière les non-dits, les liens fragiles et les émotions enfouies.

L’album est traversé par le sentiment de manque, par ces dialogues intérieurs que l’on entretient en l’absence de l’autre, dans l’espoir de réparer ou simplement de comprendre. Ratboys refuse toute conclusion définitive et fait de cette indétermination une force. Singin’ to an Empty Chair se révèle ainsi comme un disque rare, introspectif et profondément touchant, qui gagne à être écouté dans la durée.

Note : 4 sur 5.

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