Avec URGH, Mandy, Indiana franchit un cap décisif. Ce deuxième album du groupe mancunien le premier publié chez Sacred Bones s’inscrit dans une période personnelle particulièrement éprouvante, marquée par de sérieux problèmes de santé touchant deux de ses membres. De cette traversée difficile naît un disque plus réfléchi, plus tendu et bien plus explicitement politique que leurs premiers pas.
Le noise-rock originel s’y voit renforcé par des éléments industriels, post-punk et une électronique volontairement fruste. Là où Cursive reposait sur une énergie rythmique très organique, URGH privilégie une pression constante, faite de boucles obsessionnelles et de décharges sonores abruptes. La production, précise et tranchante, met en relief un contraste saisissant entre une brutalité presque physique et une richesse de détails qui capte l’attention.
Au cœur de l’album, Valentine Caulfield impose une parole directe, en français, qui s’attaque frontalement aux rapports de domination, aux violences sexuelles et aux structures patriarcales. Les répétitions, les motifs enfantins détournés et les samples deviennent des outils de confrontation, faisant basculer la colère individuelle vers une expression collective.
À la fois séduisant et profondément inconfortable, URGH s’impose comme un manifeste sonore, un disque coupant qui ne se contente pas de constater, mais appelle à réagir.





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