Samedi après-midi, Villa Ribérollle, dans ce coin du 20ᵉ qui bruisse encore de bricolage et d’expérimentations. Kool Musik entre en premier, seul sur scène. Pas de mise en scène, pas d’effet. Juste lui, une guitare et cette nonchalance qui fait partie intégrante de son art. Il joue comme s’il testait des idées devant des amis, avec ce mélange de désinvolture et de fulgurances qui fait sourire autant qu’il intrigue. Des rythmes cassés, des mélodies bancales, mais derrière, une vraie poésie brute, comme un collage sonore monté à vif.
Puis Joanne Robertson. On quitte le terrain de l’ironie pour entrer dans le feutré. Ceux qui ont écouté Blurrr, son album avec Dean Blunt, savent déjà : une voix qui chuchote plus qu’elle ne chante, des guitares effilochées, une intensité qui naît du silence. Sur scène, l’intime devient collectif. Chaque note, chaque souffle, semble flotter dans l’air de la cour, et tout le monde retient un peu son souffle.
À la Villa Ribérollle, il ne s’agissait pas de spectacle au sens classique. Plutôt d’une parenthèse fragile, entre la nonchalance désarmante de Kool Musik et la douceur spectrale de Joanne Robertson. Deux pôles, deux gestes artistiques presque opposés, mais qui se sont rejoints le temps d’un après-midi.
On est ressorti sous la pluie avec cette impression rare : avoir partagé quelque chose de vrai, de brut, de précieux, hors du temps.

















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