Après huit mois de tournée à travers l’Europe, ils sont revenus poser leurs valises au Pop-Up du Label. Un retour sans éclat tapageur, mais chargé d’émotion contenue. Juste eux, leurs chansons, et cette proximité rare qui donne au concert un parfum de moment suspendu.
La soirée s’ouvre avec Nina Savry, seule en scène, accompagnée de son synthé. Une silhouette discrète, une présence sobre, mais des morceaux qui captivent immédiatement. Elle déroule une pop électronique tout en clair-obscur, minimaliste et sensible. Sa voix, posée sur des nappes délicates, trace un chemin intime, presque introspectif. Une entrée en matière tout en retenue, qui prépare doucement l’espace pour ce qui va suivre.
Puis vient Super Bravo, attendu comme on attend une lumière familière. D’emblée, une atmosphère s’installe, feutrée et limpide. On est saisi par la justesse de leur équilibre : deux voix qui s’entrelacent, des arrangements discrets, ciselés, jamais démonstratifs. Leur pop mélancolique semble flotter dans l’air, douce et précise comme un souvenir qu’on n’ose pas réveiller trop brusquement.
Le public est attentif, recueilli. Il se passe quelque chose de rare : une écoute vraie, sans bruit, sans agitation. Les morceaux glissent, habités, porteurs de ces mois de route à travers l’Europe. On sent dans leur interprétation une complicité fine, une expérience commune qui a affiné le geste, épuré le superflu.
Ce n’était pas un concert de retrouvailles au sens bruyant du terme. Plutôt une soirée précieuse, à taille humaine, où la musique avait toute la place. Et où, pendant un instant, chacun a pu s’y lover. Un retour tout en douceur, mais d’une intensité qui reste longtemps en tête.

























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