Il y a des albums qui s’écoutent comme on entrouvre une porte interdite : avec une pointe d’appréhension, mais l’intuition qu’on y trouvera quelque chose de vrai. Le deuxième disque de l’auteure-compositrice-interprète new-yorkaise Maiya Blaney, A Room With a Door That Closes, fait partie de ceux-là. Un album dense, éclaté, à la fois brut et maîtrisé, qui explore la quête d’estime de soi à travers une palette musicale aussi éclectique qu’audacieuse.
Blaney n’a pas peur de désorienter. Elle superpose les textures et les registres sans chercher la conciliation : des breakbeats fracassants, des samples vocaux fantomatiques, des saturations nerveuses croisent la route d’un violoncelle mélancolique ou d’un synthé alangui. Cette tension permanente entre douceur et dissonance est ce qui fait la force du disque — mais aussi sa beauté.
Alors que son premier album, 3 (2021), révélait une artiste encore dans la retenue, ce nouvel opus signe une mue artistique claire. Blaney ferme une porte, peut-être, mais pour mieux tracer une ligne : celle d’une artiste qui transforme ses tourments en matière musicale vivante, exigeante et résolument moderne.
Avec A Room With a Door That Closes, Maiya Blaney s’impose comme une voix singulière de l’avant-pop, capable de conjuguer expérimentation sonore et puissance émotionnelle sans jamais sombrer dans l’artifice. Une œuvre coup de poing, à écouter seul·e, porte fermée — et cœur grand ouvert.






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